22 janvier 2010

SOLO...TUDE

SOLO…TUDE
« Je serai le premier avant la mort et bras d’honneur a l’arrivée. »

Ce soir, c’est avec Roger que je suis triste. Avec ses soixante dix printemps pressés. Il y avait eu Ferré, mais surtout Brassens, quelques autres, chênes encore solides et puis Mano Solo. Ca l’avait foudroyé. Une rencontre adente, une passion dévorante, sincère et éclairée. Et puis ce soir, l’absence, d’un ami, d’un musicien, d’un poète.

En ce soir froid, le souvenir d’une rencontre dans les studios de Radio libertaire, avec Papa Laurent et le Squale, une discussion épuisante de ce corps en combat que les mots accompagnaient. Une conviction chevillée au cœur, une énergie haut perchée, les mots de la dispute, et puis cette écorchure existentielle, bien au delà de la maladie, qui envahissait tout et sublimait la quête du poète qui savait si bien faire tinter les mots pour les mettre au diapason de l’émotion et de la raison, celle qu’il faut bien se faire. Mano Solo ne nous laisse jamais tranquille. Il suffit de faire claquer ses musiques dans notre cervelle encore chaude, elle, pour y rencontrer encore et toujours sa voix et son intimité, que nous partagions parce que nous le comprenions. « A l’instant, à l’éternité de l’instant de l’amour (L.F) », compagnon.

Monsieur Frédéric
Léo 38, Nuit noire,
Radio libertaire

Monde Libertaire, 1579 (21-27 janv. 2010)

20 février 2007

" La haute vallée de l'Ouvèze (1) est un pays dont la terre, d'un jaune-vert très prononcé, est couverte, dans ses parties soi-disant grasses, de champs de lavande et de cerisaies; et dans ses parties maigres d'une sorte d'alfa très dur aux feuilles de cendre, qui pousse en touffes et luit au soleil comme un jet d'eau. L'Ouvèze est là, à peine large de trois mètres et profonde de deux ou trois travers de doigt. L'eau en est huileuse tellement elle est glacée et couleur de bronze. On peut y regarder de belles truites."

(1)Montauban-sur-l'Ouvèze, à 729 mètres d'altitude, dans le canton de Séderon, est situé à l'ouest de la montagne de Chamouze et domine l'Ouvèze naissante. Ce fut le siège d'une des trois "baronnies" qui furent rattachées au Dauphiné au début du XV° siècle et donnèrent à cette région le nom des Baronnies.

Texte et note de la pléiade (page 669), Noé de Jean Giono